Ce que dit le MMMFrance

2015-10 : Pour économiser sur les frais de garde, le gouvernement organise le retour des parents au foyer.

homme enfant

Officiellement, le gouvernement veut promouvoir l’insertion professionnelle des femmes et il avait promis pour cela en 2012 la création de 275.000 nouvelles solutions d’accueil pour les enfants de 0 à 3 ans pendant le quinquennat.

Trois ans après ces belles promesses, la réalité est toute autre1 : En 2014, 7.000 places d’accueil chez les assistantes maternelles ont disparu, il y a 800 places de moins pour scolariser les enfants de moins de 3 ans et certains parents peinent à inscrire à l’école les enfants ayant 3 ans entre septembre et décembre. Quant aux crèches, après deux années très en dessous des objectifs, la création de nouvelles places est quasiment à l’arrêt en 2015, notamment du fait de la baisse des dotations aux collectivités locales.

Les responsables de crèches disent que jamais la pression des parents pour obtenir une place n’a été aussi forte. Mais le pire reste à venir. Fin 2016, les enfants des premières familles concernées par la réforme du congé parental atteindront l’âge fatidique de 2 ans, âge limite au-delà duquel le congé parental doit être partagé entre les parents.

Le gouvernement lui-même le reconnait, il y aura au maximum 20% de familles où les pères partageront le congé parental. Les témoignages de parents le confirment : quand les salaires ne sont pas identiques au sein du foyer, quand l’un des parents est artisan, commerçant, profession libérale ou chef d’entreprise, il est absolument inenvisageable de partager le congé parental. Les modes de garde n’étant pas au rendez-vous, ces familles n’auront pas d’autre choix que d’avoir un parent au foyer sans allocation. Rappelons que le congé parental concerne actuellement 500.000 familles en France.

C’est bien sûr une mesure ultra économique pour l’Etat : économie de l’allocation de congé parental et économie de financement d’un mode de garde. Mais cette économie se fera sur le dos des mères les plus modestes, celles qui se retrouveront privées d’allocation et renvoyées dans leur foyer, n’ayant pas la possibilité de recourir aux modes de garde individuels plus coûteux (garde à domicile, garde partagée).

Le MMM France2 vient d’être auditionné par la commission des affaires sociales du Sénat en préparation du vote du PLFSS3 2016. Nous avons explicité le problème et proposé des solutions très concrètes. En prévision de la pénurie record de modes de garde, il est urgent de suspendre les décrets d’application de la réforme du congé parental ou du moins d’exclure de l’obligation de partage toutes les familles qui sont concrètement dans l’impossibilité de partager.

En parallèle, il convient de lancer un vaste plan de recrutement d’assistantes maternelles sur tous les territoires où elles font défaut. Ceci passe notamment par la suppression de normes absurdes qu’imposent certaines directrices de PMI4 aux candidates. Faut-il en effet refuser un agrément à une assistante maternelle au motif que toutes les prises de son appartement ne sont pas à un mètre du sol ? Ou parce qu’elle a un crucifix ou une icône accrochée au mur de sa chambre ?

Il ne suffit pas de décréter qu’on souhaite favoriser la conciliation vie familiale – vie professionnelle. Il faut y travailler de façon concrète et avec bon sens.

Contact presse : Marie-Laure des Brosses – Présidente du MMM France – 06 12 05 06 48

1 Rapport du Haut Conseil à la Famille - Septembre 2015.       2 Mouvement Mondial des Mères - ONG apolitique et non confessionnelle - WWW.mmmfrance.org        3 Projet de loi de Finance de la Sécurité Sociale.        4 Protection Maternelle et Infantile - Organisme chargé de l'agrément des assistantes maternelles.

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