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Le rôle des femmes dans la société a beaucoup fluctué à travers l'histoire et les civilisations, et la place qu'on leur accorde est proportionnelle à leur reconnaissance.
En offrant à la femme de pouvoir choisir en tout honneur entre le célibat et le mariage, le christianisme lui a ouvert une porte non négligeable. Aux Xè et XIè siècle elle enseigne et conseille comme les princes.
Mais le redécouverte du droit romain, à la fin du Moyen - Âge, va peu à peu l'enfermer dans un rôle d'éternelle mineure que va entériner le code napoléonien de 1804 : c'est la caricature de la femme soumise.
En réaction contre ce carcan, elles ont élargi et durci leurs modes d'action : depuis la dame de charité mettant tous ses (nombreux ) talents au service de ses œuvres, jusqu'à la suffragette et à ses revendications politiques. Certaines anglo-saxonnes, outre le droit de vote, prônent comme Margaret Sanger une égalité homme femme dans tous les domaines, en particuliers sexuels.
En France, comme en Europe, c'est surtout après la première guerre mondiale, pendant laquelle la femme a remplacé l'homme parti au front, que les exigences de reconnaissance se sont renforcées. Des féministes influentes comme Andrée Butillard, fondatrice de l'UFCS (dont jaillira le MMM en 1947), vont à la fois défendre la femme au foyer et son droit de vote, et soutenir la notion -nouvelle pour les femmes- de carrière professionnelle.
Durant la seconde moitié du X siècle, l'approche d'une égalité homme- femme tend à gommer leur spécificité : la femme doit se fondre dans le modèle masculin. Dans certains cas, la maternité même est présentée comme une aliénation ; dans d'autres cas, la féminité devient une revendication masculine.
D'autres courants, enfin ; continuent de valoriser tous les particularismes de la femme et la richesse de son rythme propre. Ainsi le rappelait la secrétaire d'Etat Janne Matlary (Norvège) en 1999 au 50 ème anniversaire du MMM à l'Unesco.
Charlotte Chaunu Historienne, membre du Conseil d'Administration