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  Qu’est ce que les enfants attendent de leurs parents ?
Nathalie Goutard et Caroline Lioret

Partant du constat :
  • Du travail des femmes : 75% des femmes travaillent en raison d'une situation due au chômage, à l’instabilité de l’emploi et de la vie affective, ainsi qu’à leur désir personnel
  • De l’éloignement des parents, donc de l’absence de la transmission des savoir-faire et du manque d’entraide
  • Du divorce très répandu et du nombre très important de foyers monoparentaux
  • De la forme d’enfermement que représentent les nouvelles technologies : TV, Internet, jeux vidéo qui font obstacle à la communication familiale

La mission éducative des parents n’est pas facilitée

Et pourtant,

Les naissances souvent différées pour raison professionnelle et souvent attendues avec difficulté font l’objet d’une focalisation extrême.

La bonne volonté des parents est manifeste, mais les parents connaissent-ils vraiment les besoins spécifiques de l’enfant ?

I - Respect et protection de son intégrité physique

« Tout ce que l’on fait à l’enfant est une marque dans la cire chaude »

  • les parents doivent se montrer naturels et prudents pour tout ce qui concerne les soins à l’enfant. Les gestes ne sont pas anodins qui régissent le sevrage, la toilette, une promiscuité avec les parents souvent gênante pour les enfants (salle de bains, lit commun)
  • Une bonne connaissance des besoins physiques de l’enfant permet un développement plus harmonieux :
    • Sommeil (presque tous les enfants manquent de sommeil) Si l'enfant est grognon,de mauvaise humeur,pensez d'abord qu'il est fatigué.
    • Calme (attention aux jeux vidéo, à la TV tout le temps). Tous les maitres constatent que leurs éléves sont fatigués,en particulier le lundi.
    • Temps de détente indispensable au retour de l’école (45 mn au moins)

             Ces 3 besoins participent au bon fonctionnement du système nerveux.

  • Equilibre diététique : 16% des enfants ont des problèmes de poids. Lutter contre le grignotage, les boissons sucrées,prévoir les repas à heures régulières et dans le calme. La nourriture doit être variée et équilibrée. Cf le livre "Enfants en surpoids" de Fl. Awold-Richez. Coll. Marabout

        · Attention aux signes de malaise : fatigue, fièvre, tristesse, nervosité

  • Vigilance extrême face aux adultes en contact avec les enfants, confiance dans la parole de l’enfant, décryptage des gestes, dessins....
  • Droit de vivre et de grandir à son rythme:

          pas de surchauffe scolaire

pas trop d’activités qui sont souvent la bonne conscience des parents

le laisser jouer et même s’ennuyer

  • Protection contre les dangers de la rue : racket, drogue, mauvaises rencontres. Surveiller les horaires. L’enfant doit se sentir attendu.

SUGGESTIONS: 

· Pouvoir être là au bon moment, c'est à dire souvent.

· Prévoir un temps consacré à l’enfant, même différé mais prévu pendant lequel il pourra s’exprimer.

· L’accepter tel qu’il est : lent, nerveux, rêveur, angoissé..

· Dans la mesure du possible, n’imposez pas à votre enfant votre rythme. Il ne doit pas vivre dans le stress et dans l’urgence.

II - Respecter son intégrité morale

L’environnement de l’enfant devrait lui être favorable.

· La violence sous toute ses formes (
école, médias, racket, parents trop nerveux) est une nuisance morale intolérable

· La pornographie, la drogue, omniprésentes sont des injures à l’enfance. Ne volons pas l’enfance de nos enfants, si rapide et qui prépare la structure de l’adolescent puis de l’adulte

· Le divorce de ses parents est toujours un malheur pour l’enfant. L’aider par une attitude responsable en le tenant éloigné des disputes et tout faire pour qu’il y ait des contacts réguliers et suivis avec ses deux parents (sauf circonstances pouvant être dommageables pour l’enfant), l’écouter pour l’organisation de sa vie.

III - Exercer une autorité réelle

Il l'attend de vous pour se sentir sécurisé. Il a besoin qu’on lui fixe clairement les interdits et les limites et que l’on s’y tienne. De l’attitude des parents, dépendra

  • la crédibilité des adultes,
  • la mise en place de normes éducatives de son milieu.

L’autorité ne signifie pas rigidité.

L’autorité ne s’exerce que dans le calme. La proximité parents – enfants conduit plus à la camaraderie qu’au rappel des règles et des limites. Le peu de temps dont disposent les parents n’incite pas à jouer les pères fouettards. 

Les pères, au contact plus proche de la petite enfance répugnent à endosser le rôle de l’autorité en cas de conflit.

Les mères qui travaillent ont peu de temps et n’ont pas envie d’être dépossédées de leur rôle traditionnel de tendresse.

Ne laissez pas à d’autres cet exercice de l’autorité essentiel dans l’éducation. Si nécessaire, en cas de vraie difficulté choisissez un adulte relais: parrain, grands parents, professeur ou même internat.

En conclusion: Il n'y a pas d'éducateur irréprochable
Il n'y a pas d'enfant parfait
Mais connaître les besoins de son enfant c'est savoir mieux l'aimer.


Comment concilier autorité et apprentissage de la liberté

Notre vœu le plus cher de parents, est de rendre heureux nos enfants. Cette tâche n'est pas aisée. 
EDUQUER - du latin exducere "conduire hors de" : conduire l'enfant au delà de l'enfance. C'est apprendre à l'enfant à conduire lui-même sa vie. 
ELEVER : mouvement vers le haut. 
Apprentissage de la LIBERTE : la capacité à choisir nous permet devenir responsable et maître de nos choix. 
AUTORITE - du latin auctor "celui qui augmente, qui fait grandir" 
Il n'y a pas de bonheur possible s'il n'y a pas d'AMOUR. 

1 - AMOUR : L'Amour, au même titre que le lait, est un besoin absolu et fondamental pour l'enfant. Il doit être aimé et se sentir aimé. Toute éducation a pour but l'amour. Chaque fois que nous manquons d'amour, nous sommes blessés. Quand nous souffrons, nous avons des comportements qui manquent d'amour. Aimer, c'est vouloir le bien de celui que l'on aime, c'est donc une décision de volonté. L'amour est inconditionnel et gratuit : ce n'est donc pas faire plaisir à son enfant, mais faire ce qui est bon pour lui. Les signes d'amour sont très importants et l'enfant attend des marques de tendresse (caresses, baisers, encouragements, félicitations), marques d'attention, simples et permanents. 
Les enfants ont besoin que l'on passe du temps avec eux : "les plus humbles choses faites ensemble raccrochent les cœurs" (cf. Martini) , tels que fêtes et repas seuls. "Communiquer en famille" avec les parents. Dire et redire aux enfants qu'on les aime inconditionnellement. La personne est différente des actes. Les enfants ont un énorme besoin d'être rassurés sur notre amour. Ils sont totalement dépendants de nous et ont besoin d'être rassurés. Plus l'enfant est petit, plus il faut comprendre que son comportement peut être différent du nôtre : attention aux fausses interprétations. 

Le corollaire de l'amour, c'est la CONFIANCE de l'enfant dans l'adulte et vice versa. Il faut cependant faire attention à la BONNE DISTANCE, l'amour est différent de la fusion. C'est au père que revient le rôle de "défusionner" l'enfant et la mère. 
Le père doit donner des REGLES et des LIMITES (cf. "Debout les Pères"). Il faut que la mère désigne le père à l'enfant. L'enfant se construit à l'aide de poteaux indicateurs et d'interdits. Cela le sécurise
Le premier signe de l'amour est l'immense RESPECT (cf. Pascal). Le respect empêche la violence. Ne pas traiter l'autre comme un objet. Il faut veiller aux petits détails tels que "merci" ou "s'il te plait" : ce sont des signes de reconnaissance. L'autre n'est pas transparent. 
Le PARDON, demandé et reçu peut faire des miracles

2 - COMMUNIQUER Communiquer n'est pas demander une information. Une véritable communication se fait niveau du RESSENTI et du SENTIMENT, en particulier pour les peurs. Sinon, apparition de troubles tels que l'énurésie ou l'insomnie… Il faut apprendre aux enfants à dire leurs sentiments (cf. Isabelle Filliozat "Au cœur des émotions de l'enfant" - coll. Marabout). Une sensation n'est ni bonne ni mauvaise : elle est agréable ou désagréable. Ce qui n'est pas bon parfois, c'est la réaction à la sensation. 

3 - GESTION de la FRUSTRATION Pour sortir un enfant de son immaturité, un minimum de frustration est nécessaire (exemple du verre à demi vide). Il faut apprendre à se réjouir de ce que l'on a. Apprendre à donner, à sortir de son égocentrisme. Pour apprendre à conduire ses forces de vie vers l'amour, on dispose de moteurs : les désirs et les envies. Il faut apprendre à l'enfant à attendre. Un désir c'est une force IT qui dépend du conducteur. Le volant est notre intelligence. Il est important de distinguer "désirer" de "vouloir". 
Le DESIR est la FORCE, la VOLONTE est notre CHOIX. Conférence donnée par Bernadette Lemoine - Psychologue le 20 décembre 2001

Pour nos enfants, on peut leur proposer de grandir. Il faut considérer nos désirs (exemple : rester au lit) et choisir de FAIRE AVEC, avec pour conséquence une unité et donc davantage de force. Ainsi, je me lève avec mes forces fatiguées. Je "fais avec" et non pas "contre" (vouloir ce que l'on fait). Quand on n'a pas réorienté nos désirs (nos forces) on est dans la frustration, dans la contrainte et non pas dans la liberté intérieure, d'où risque d'explosion et de dépression. Trois étapes : 
1) j'accueille le désir, ma sensation 
2) Je regarde dans la direction de mon but 
3) Je choisis ce que j'ai décidé, en utilisant mes forces. Ainsi, je deviens mon propre chef : je ne suis pas mené par mes désirs et j'agis avec intelligence.

Pour aider les enfants à conduire leur vie. Aux enfants :
1) Je regarde ce qui se passe en lui. Je le rejoins dans ce qu'il fait. "Je suppose que tu as envie de continuer". 
2) Je montre le but : "pour que la soirée se passe bien, il serait bien que…." 
3) "Est-ce que tu veux bien" en utilisant tes forces au service de la demande. 
4) Féliciter si nécessaire. L'important c'est de rendre l'enfant libre. Il faut lui LAISSER la POSSIBILITE de CHOISIR. 
Il faut former des êtres libres, capables de faire des choix.


La mère au centre de la communication familiale : quelques pistes d'action

Résumé du PETIT DEJEUNER-DEBAT  organisé par le MMMF 
avec le concours d'animatrices de  "Ressources famille"

Quelques exemples de pistes d’action possibles pour :
 -  créer des moments privilégiés 
 -  Gérer les conflits 
 -  Prendre le temps d’écouter les enfants 
 -  savoir se taire quand il faut

Créer des moments privilégiés

1. J’organise des moments tous ensemble : une partie de tennis, un cinéma… et j’en fais des moments festifs différents de la semaine. Ce sont des petits bonheurs que je crée. Quels bénéfices j’en tire ? la joie d’être ensemble. Pour cela, il me faut être organisée et être à l’écoute des désirs de chacun

2. Je crée des moments privilégiés avec ma seconde fille : je me pose dans une activité que je lui propose, par exemple, préparer un repas avec moi

3. L’été, je fais un feu de bois et je joue avec les enfants par terre ; « je me mets à la place des enfants »

4. Je prépare pour ma fille un plateau apéritif et elle peut manger ce qu’elle veut, dans l’ordre qu’elle veut : création d’une complicité ; nécessité d’être créative

5. Tous les soirs je fais un puzzle ( ou un jeu de dames ) avec ma fille durant 10 à 15 minutes : « Maman est là pour elle »

6. J’ai fait un album photo par enfant avec l’histoire des photos et des films : comme çà, non seulement je leur dit que je les aime mais aussi, je leur montre que je les aime. Je peux leur montrer des photos d’eux où tout petits, ils sont dans mes bras serrés contre mon cœur. Après le dîner, j’organise une soirée photo où chacun commente et rit. Je n’interviens pas, je laisse faire et même, je filme leurs réactions.


Gérer les conflits

1. Ma fille unique est jalouse de ma complicité avec mon mari : dans une petite pièce sans destination précise, autre que la chambre ou le salon, nous nous asseyons par terre tous les trois et nous jouons par terre avec le lapin ; l’idée est de lui montrer notre envie d’être spécifiquement avec elle, pour qu’elle comprenne qu’il y a des moments pour elle et d’autres pour nous sans elle.

2. En cas de dispute entre les enfants, je n’interviens pas sur les lieux de la dispute ; si un enfant vient me voir, je l’écoute, je reste avec lui sans prendre parti : cela calme le jeu.

3. J’ai instauré le triptyque de l’autorité : Niveau 1 : une règle est annoncée comme devant être appliquée sans discussion (pas de télé en semaine) Niveau 2 : j’ai une idée, tu as une idée, nous échangeons pour établir un consensus qui sera respecté par les deux parties Niveau 3 : regroupe leur liberté, leur domaine, leur jardin secret et je le respecte( quand le travail de clase est fini, c’est leur temps à eux pour lire, dessiner…

4. Pour éviter les discussions sans fin à la suite d’un jeu, je démarre le jeu en annonçant dès le départ les conditions : durée…, ex : 15 minutes maximum

 

Prendre le temps d’écouter

1 Je travaille à la maison : je ne décroche plus le téléphone à table, je ferme à clé mon bureau, je fais chaque soir un jeu de dames de 10 minutes avec mon petit dernier ; j’essaie de mettre en œuvre ma disponibilité. 

2 Je suis très prise par mes activités professionnelles et j’ai besoin d’avoir une vie sociale et personnelle bien remplie mais je sais que ma fille a besoin de plus de présence effective : j’organise mon emploi du temps différemment, par exemple, en partant plus tôt le matin (8h30 au lieu de 9h30) ou en réorganisant mon temps à l’heure du déjeuner ; je pourrais ainsi dégager du temps pour rentrer plus tôt le soir. 

3 Lorsque j’étais enceinte, j’ai dû rester coucher pendant ma grossesse : allongée sur mon lit, chaque enfant venait me rejoindre ; j’ai gardé l’idée : je m’allonge exprès dans ma chambre et chacun vient pour parler ou travailler. ; je me mets à l’écart de la vie de famille 15 à 30 minutes 1 à 2 fois par semaine. Je montre ma disponibilité avec une phrase clé : « je suis dans ma chambre » ; but : inciter chacun à s’exprimer. 

4 Après le goûter, je prends le temps d’écouter : je suis assise et je les écoute. Ils savent que ces moments sont pour eux et je ne me donne pas l’autorisation d’être dérangée. 

5 J’ai inventé « l’île aux câlins ». Le soir, j’écoute mon enfant quelle que soit l’heure à laquelle je rentre. Dès que j’arrive, je prépare l’île aux c^lins : au milieu de mon lit, il installe tous les coussins de la maison, c’est notre île. Alors quand c’est prêt, j’arrête de faire ce que j’étais en train de faire et je l’écoute en le regardant, je reprends ses mots, j’attends qu’il parle sans l’inonder de questions, je réponds à ses questions.(J’ai ma source de renseignements : la nounou et la maîtresse ). 

6 Quand j’écoute mon enfant, je suis vraiment présente dans mon corps et dans ma tête.

Savoir se taire

1 Lorsque je fais des conduites, dans la voiture, je me tais, je laisse venir les confidences.

2 Lorsqu’un des enfants vient s’asseoir auprès de moi, je lui laisse l’initiative du contact physique. Savoir être bien ensemble sans parler. 

3 Quand je fais une activité avec un enfant, par exemple aller à la bibliothèque, je ne lui imprime pas mon rythme ou ma logique ; je suis d’abord son rythme, son chemin dans la bibliothèque, je suis sa logique à lui. Ce n’est pas moi qui suis meneur, c’est lui. 

4 Quand ma fille ne veut pas aller à la messe, je ne me justifie pas, je ne sermonne ps, je rappelle les règles sans rien ajouter. 

5 Savoir être réellement disponible, c'est s'arrêter et non pas "avoir l'air de".


Comment aider nos enfants à grandir ?
Pistes de Réflexion à poursuivre...

Voici une liste, non exhaustive, d'attitudes éducatives que l'on peut avoir ou ne pas avoir... Il peut être intéressant de se situer par rapport à ces attitudes (est-ce que je pense que cette attitude est bonne pour mon enfant ? est-ce que j'adopte ou essaye d'adopter cette attitude ? si non, pourquoi ? quels sont les freins que m'en empêchent ? puis-je les corriger ? comment ?...)

L'importance des toutes premières années
Se rappeler que chaque enfant est unique
Etre attentif aux désirs, aux besoins de l'enfant
Se corriger : l'enfant imite ce qu'il nous voit faire
Etre patient : ne pas tirer sur la carotte pour la faire pousser plus vite... respecter son rythme
Qu'il y ait entre nous, parents, une conception assez proche en éducation... pas divergente... pas trop semblable non plus
Savoir que nos enfants ne sont pas que nos enfants, mais aussi les enfants d'une société, d'une époque
Avoir confiance en son enfant, pour qu'il l'ait en lui
Apprendre à relativiser les problèmes
Prendre le temps de "dire" en famille
Donner, mais aussi recevoir
Leur dire leurs qualités
Savoir dire non
Prendre son temps... ne pas être toujours "speedés"
L'écouter, l'écouter, l'écouter...
Avoir des principes, mais faire ce que l'on peut
S'en tenir à la décision prise
Ne pas avoir peur de répéter toujours la même chose
Savoir s'adapter et se remettre en cause
Contrôler nos préférences, et celles de notre enfant
Accueillir leurs amis à la maison
Accepter qu'ils ne soient pas de notre avis
Savoir reconnaître nos erreurs
Leur apprendre que l'on a pas tout, tout de suite
Leur apprendre à donner et à se donner
Ne pas les abreuver de conseils...
Souligner leurs talents, leurs qualités
Jouer aver eux
Les faire participer aux décisions familiales
Connaître le pourquoi de nos exigences
"Adopter" ses propres enfants
Etre en harmonie et en cohérence avec nous-mêmes
Savoir donner une bonne fessée
Faire confiance à son intuition profonde
Leur expliquer son ressenti
Les laisser exploser de temps en temps
Bien expliquer le pourquoi de nos choix
Avoir de l'humour et créer une atmosphère joyeuse et sereine

Bénédicte Lucereau, mère de famille - Association Générale des Familles de Sèvres -


Père et mère : les rôles sont-ils interchangeables ?

Conférence donnée par Philippe Vaur
( responsable d'un service psychiatrique, coach d'entreprise )

1 - L'origine d'une famille, c'est un couple et non pas des parents. Deux êtres. 
Le concept de père et mère arrive bien après. - La mère est mère par son corps : auto-proclamation. La mère est montrée par l'enfant. - Le père est nominé par la mère. 
Un couple : tentative d'histoire entre huit personnes : le mari, l'amant, le père, le papa / la femme, l'amante, la mère, la maman. 
L'époux et l'amant créent le couple. 
Maman et papa : représentation de la compassion 
Mère et Père : représentants de la loi : éducation. Parfois, il y a contradiction entre père et papa. 
Le père et la mère sont les représentants de la loi tribale familiale. 
La famille n'est pas le terrain d'exercice de la cohabitation. Sinon, les enfants vont nécessairement souffrir (cf. Socrate - "Les couples qui durent dans le temps éliminent la cohabitation). 
La famille est différente de l'aventure. 
Rôle des fiançailles : c'est un temps pour savoir si l'on peut créer une loi familiale : art de créer une histoire et une loi familiale. La grande difficulté, c'est de créer une histoire. 
L'éducation dépend de la qualité de l'histoire familiale. Trois points clés : 1) Quelles sont nos coutumes 2) Quels sont nos interdits 3) Quels sont nos possibles 

Deux personnes qui commencent à s'aimer passent 57 minutes par jour à se parler. 
Un couple marié passe moins de 7 minutes par jour à se parler. 
Après 7 ans de mariage, moins de 3 % des couples passent des vacances en couple. 

Pour être père et mère, il faut prendre du temps pour s'occuper de son couple. Le grand drame de notre époque : plus la technologie s'améliore, plus nos agendas son pris. On peut parler de père et de mère, si préalablement il y a une qualité du couple. 
Les enfants sont plus sensibles à la justesse du couple de leurs parents qu'à ce que disent les parents. Les enfants vont être les thermomètres du couple. 

2 - Pour qu'une mère soit totalement mère, il faut qu'elle ait un adjoint 
et celui-ci passe plus de temps à soutenir la mère qu'à éduquer les enfants. Le premier rôle du père est d'être époux. Il ne faut pas que la mère demande trop au père. 
Le rôle du père est de soulager le rôle de la mère tout en étant le dépositaire de la loi familiale (par exemple : le département des Yvelines est le champion des décès par drogue. Deux raisons sont invoquées : l'inquiétude des enfants sur le couple de leur parents et leur culpabilité vis-à-vis du couple de leurs parents qui se défait). 
Pour que la maman soit disponible, il faut que la mère ne soit pas débordée (cf. le rôle autrefois des bonnes-mamans et des grand-mamans). 

3 - Non les rôles ne sont pas interchangeables : 
la mère doit être l'avocate des enfants, le père doit être le représentant des lois. C'est plus difficile aujourd'hui, comme tous les 100/150 ans quand la loi n'est pas représentée via les institutions (l'église, la justice, la politique). 
Or aujourd'hui il y a peu de respect. Ainsi le rôle du père est en contradiction avec ce que vit l'enfant. Depuis une trentaine d'années, les trois institutions (l'église, la justice, la politique) ne respectent plus la loi. 
Le père doit être arbitre, ce qui est un rôle difficile. 
Nous sommes issus d'un monde rural, mais de nos jours, moins de 20 % de la population vit effectivement à la campagne, d'où la rupture entre les générations. On voit de moins en moins ses grands parents. 
Le rôle du père est donc majeur.
La mère a un rôle capital : écouter et dire ce qu'elle a compris. Le problème est de savoir quand il faut écouter. La mère a un rôle de confidente, elle doit garder secret ce qu'elle a entendu. Elle a un lien individualiste. L'enfant a de plus en plus besoin d'une personne à qui se confier
La mère a moins besoin de parler au père, que l'époux à son épouse. Quand le père rentre le soir : devine qui vient dîner : c'est le père ou l'époux qui rentre ? 
L'art d'éduquer les enfants à l'amour : qui est l'autre et qu'attend-il ? C'est la mère qui peut donner la définition de l'amour. Est-ce que l'autre arrive à deviner ce que j'attends ? 

Les parents de l'amour sont l'humour et la contemplation. Le risque chez les jeunes, c'est de manquer d'humour qui est remplacé par le jugement définitif. D'où une difficulté à se mettre à distance. L'une des grandes fonctions du père c'est d'être distributeur d'humour : apprendre à un enfant à parler au deuxième degré. Problème pour le père qui n'a plus de temps. "Pour qu'un homme soit complet, il faut qu'il réussisse sa vie sociale, sa vie d'homme et sa sagesse (cf. Socrate) et qu'aucune ne vienne manger les deux autres". 

Pour être père et mère il faut :
 - investir dans le couple
 - prendre le temps, de temps en temps, de congés de parents
 - offrir de l'humour pour que la loi puisse être comprise.
Le sens de la blague doit venir des grands-parents. L'humour a pour force majeure de dédramatiser la mort. C'est bien parce que l'on manque d'humour que les écoles sont violentes. L'humour ça commence par rire de soi. 

L'homme a besoin de désirer pour savoir s'il aime. La femme a besoin d'aimer pour savoir qu'elle désire. 
Le rôle de la mère / maman est plus permanent. Le rôle du père / papa est plus intermittent. 

Veuf : l'absent n'est pas parti : idéalisé. 
Divorcé : l'absent n'est pas idéalisé.


 

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liens utiles 

 

Adolescents à corps et à cris 
 
d'Anne Fraysse (Cerf) 

Au cœur des émotions de l'enfant
d'Isabelle Fillozat (Collection Marabout)