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Jean-Jacques Aillagon précise les mesures que le gouvernement entend
mettre en œuvre à la suite du rapport de Blandine Kriegel sur la
violence à la télévision
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Sélection
de sites et associations
sur
l'éducation
Les
chiffres de la violence
dans les colllèges et les lycées
(1999 - 2000)
225 000 incidents par trimestre dont :
- 2,8 % de faits graves (900 agressions de personnes, 1600
actes graves contre les biens) 2,6 % l'an dernier.
- 38% de violences verbales. 40% l'an dernier
- 24,8 % de dégradations (vandalisme, tags, débuts
d'incendie). 20,2 % l'an dernier.
- 13,8 % d'atteintes aux personnes. 16,8 % l'an dernier
- 3,3% de consommation ou trafic de drogues. 2,2 % l'an
dernier
- 2% de port d'armes blanches ou bombes lacrymogènes . 1%
l'an dernier
(source : La lettre des Parents N° 188)
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Violence
et pornographie à la TV où en sommes nous ?
Le
MMMF se réjouit de la qualité du rapport Kriegel et demande que ses
propositions soient adoptées , en particulier:
- 'interdiction
des films violents entre 7h et 22h30
- l'exclusion
de la pornographie à la télévision
- une
signalétique plus forte sur tous les supports de films et la
participation des familles et du Ministère de la famille à la
Commission de classification des films
A la demande du Ministre
de la Culture et de la Communication, la philosophe Blandine Kriegel a
conduit une mission d’évaluation, d’analyse et de propositions
relative à la violence à la télévision. Voici les principaux résultats
de son rapport ainsi que les propositions qui en découlent :
1)
Les faits
- Une
montée du phénomène de la violence à l’école : sur
les six premiers mois de 2002, plus de 81.600 incidents graves ont
été recensés dans les établissements scolaires : Racket,
insultes, vols, coups, violence ressentie, agressivité perçue entre élèves
et professeurs, attaques racistes, dans les établissements de
milieux défavorisés, le rapport estime que 10% des élèves
sont en réelle souffrance.
On constate également une
augmentation des faits de violence à l’égard des enseignants et
du personnel de l’Education Nationale.
- Les
enfants passent en moyenne 3 heures 30 par jour devant la télévision.
C’est (et de loin) leur première activité.
- Cinq
à dix scènes de violence sont diffusées chaque heure à la télévision.
- Une
centaine de films pornographiques sont diffusés chaque mois à la télévision.
- 50%
des enfants de 11 ans ont déjà vu un film pornographique à la télévision.
2)
L’analyse du
rapport Kriegel
- Lorsqu’une
personne est exposée à la violence télévisuelle, les effets
physiologiques immédiats
sont de même nature que si
cette personne était exposée à une
situation de violence réelle.
- L’influence
de la violence vue à la télévision sur le comportement violent
des enfants est prouvée. En particulier, dans les quartiers défavorisés,
les parents sont moins prudents vis-à-vis de la consommation télévisée
de leurs enfants (plus de temps passé devant, moins de contrôle
des émissions). Ceci se traduit directement par l’augmentation de
la violence dans les écoles de ces quartiers.
- Parmi
les conséquences de la télévision, on trouve : une
baisse de l’inhibition et de la culpabilité, une désensibilisation,
l’acquisition de réflexes violents,
le déclenchement
de comportements violents, l’acquisition
de stéréotypes (les femmes qui disent non « voudraient
en fait dire oui »,…),
l’excitation ou activation physiologique de pulsions
violentes, et dans les cas
extrême l’imitation pure et simple (reproduction d’une
scène donnée).
- Les
études montrent les variations des comportements en fonction de la
durée d’exposition : plus on voit d’image violente, plus
leur influence est grande.
- La
représentation visuelle
brutale ou répétée de scènes pornographiques à un stade trop précoce
peut créer une émotion capable d’influer sur le cours normal de
l’évolution du cerveau, perturber l’équilibre intérieur du
jeune et, en tout cas, imprimer
durablement sa conception de la sexualité. elle impose plus
gravement que les mots, une certaine image de la sexualité. Elle
donne une fausse représentation des hommes et surtout des femmes,
disponibles à tout instant, exhibant un appétit sexuel irréaliste,
ou bien soumises abusivement au désir masculin. Cette
impression que la femme aime être violée est profondément ancrée
dans les esprits.
- De
la même façon qu’une violence sexuelle subie par l’enfant peut
aboutir à un dérèglement de son comportement, le fait de voir des
films pornographiques peut conduire le jeune à des comportements
pervers.
3) L’état actuel
de la législation
- La loi du 30 septembre 1986 prévoyait que « les
programmes susceptibles de nuire à l’épanouissement physique,
mental ou moral des mineurs ne doivent pas être mis à disposition
du public, sauf lorsqu’il est assuré par le choix de l’heure de
diffusion ou par tout autre procédé technique approprié que les
mineurs ne sont pas normalement susceptibles de les voir ou de les
entendre ». Le CSA était chargé de veiller à
l’application de cette mesure.
- Par comparaison avec nos pays voisins, la France
dispose d’un arsenal législatif pénal impressionnant relatif à
“ la mise en péril des mineurs ”.
- Toutefois,
ce qui est « violent », « pornographique »
et/ou qui « met en péril les mineurs » n’a jamais été
défini par le législateur. Les sanctions sont très peu utilisées
et de fait les diffuseurs continuent à programmer des films
violents et pornographiques à des heures où certains jeunes
peuvent les voir.
4)
Les propositions.
- Le
rapport Kriegel propose en particulier :
o
Un « pacte de liberté et de responsabilité »
mis au point en concertation entre l’Etat, les réalisateurs, les
diffuseurs, les familles et les éducateurs.
o
L’extension de l’action de la commission de
classification des films aux émissions de télévision, aux DVD, aux
jeux vidéo et ultérieurement à Internet.
o
La mise en place d’un système de double cryptage pour
mettre la pornographie hors de portée des jeunes.
o
L’interdiction de la programmation des films violents ou
pornographiques entre 7 heures et 22 heures 30.
o
La création d’une signalétique positive pour les
programmes destinés à la jeunesse.
- Une
centaine de députés de la majorité avaient présenté un autre
projet de loi dans le courant de l’été 2002. Ce projet visait à
exclure complètement la pornographie et les films violent de la télévision.
Christian Jacob, ministre délégué à la famille, et Dominique
Baudis, Président du CSA, se sont prononcés en faveur de cette
interdiction. Pour autant, le gouvernement semble hésiter à
prendre des mesures aussi drastiques, pour peu que les enfants ne
puissent pas facilement accéder à ces programmes (horaires
nocturnes, double cryptage).
- Trois
députés UMP ont déposé une proposition de loi le 23 octobre 2002
visant à soumettre les films pornographiques au système de double
cryptage à déverrouillage volontaire. Cette proposition sera
discutée à l’Assemblée le 12 décembre 2002.
Delphine Bonjour et Marie Laure des Brosses , du MMMF
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