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Communiqué de presse de l'Oipef
Pour une lecture en ligne : Observatoire Indépendant des Pratiques d'Education et de Formation 31 janvier 2003 oipef
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Apprendre à lire en 2003 « C’est la fin des méthodes globales, vive les méthodes syllabiques » titraient les journaux l’année dernière lorsque la réforme Lang est sortie. Et pourtant à la rentrée 2002, les parents d’enfants de CP ont constaté que les méthodes « semi-globales » avaient toujours cours. Qu’en est-il exactement ? Que faut-il penser de ces différentes méthodes ? Et comment aider ses enfants à lire et à bien lire ? Voici quelques éclaircissements et conseils.
La méthode « globale » n’a jamais été beaucoup utilisée en France (moins de 5% des classes). Elle est officiellement reconnue comme « mauvaise » et est désormais vivement déconseillée aux maîtres. La méthode « syllabique » était celle utilisée avant guerre en France. Elle est désormais surtout utilisée par les écoles hors contrat. Elle donne aux enfants de très bonnes bases d’apprentissage et également de bonnes bases d’orthographe. La méthode « semi-globale » est la plus utilisée depuis de nombreuses année dans les classes de CP en France. Elle mélange l’apprentissage syllabique et la reconnaissance de mots complets (en particulier les mots les plus usités dans les textes : il, elle, et, est, qui, avec, pour,….). La réforme Lang n’y change rien et aucun projet n’est en cours pour modifier cela. Faut-il pour autant s’en inquiéter ? Interrogé sur le sujet, Luc Ferry donnait les éléments de réponse suivants : -La méthode semi-globale n’a jamais empêché quelqu’un d’apprendre à lire. Avant d’entrer en CP, les enfants reconnaissent de fait certains mots (leur prénom,….). -Il est à noter qu’avec le même ouvrage de méthode semi-globale (ex : Ratus), l’enseignant peut insister beaucoup sur l’apprentissage syllabique ou au contraire orienter beaucoup ses cours sur la reconnaissance visuelle des mots. - Le temps consacré à la lecture dans les classes de CP, CE1 et CE2 est fondamental. Jusqu’à la rentrée 2002, aucune norme n’avait jamais été fixée aux enseignants. Désormais, l’Education Nationale impose un minimum de 2h30 par jour consacrées à la lecture et à l’écriture pendant ces trois années. Il faut savoir que dans certaines classes de CP, moins d’une heure par jour était consacrée à ces apprentissages ! - Il est à noter que depuis les années 60, l’Education Nationale a beaucoup privilégié la pédagogie basée sur la créativité des enfants. Or il y a deux domaines où la créativité ne marche pas : le français et le civisme. Ce sont de fait les deux « matières » où l’on rencontre actuellement le plus de « ratés ». Le Ministère de l’Education Nationale prépare actuellement un petit manuel à l’usage des maîtres visant à donner des précisions sur la pédagogie qui doit être utilisée dans ces deux domaines. Voici quelques éclairages complémentaires donnés par des professeurs : -La méthode syllabique est une excellent base à donner aux enfants pour se repérer dans le monde de l’écrit. -Pour autant, la méthode semi-globale fonctionne également (du moins avec les enfants qui n’ont pas de difficulté d’apprentissage particulière). Elle permet en particulier une certaine rapidité de lecture. -La méthode semi-globale contribue également à former des élèves qui savent appréhender par eux-même les problèmes, trouver des solutions, s’adapter à leur environnement,… toutes choses utiles dans l’environnement fluctuant dans lequel nous vivons
Il faut tout d’abord noter que l’amour de la lecture vient de l’exemple. Des enfants qui voient leurs parents lire, des enfants qui sont emmenés tout petits à la bibliothèque pour choisir des livres, des enfants à qui on lit des histoires régulièrement aimeront davantage la lecture. L’apprentissage de la lecture se prépare bien avant le CP. Entre 3 et 4 ans, il peut être utile de veiller à ce que son enfant soit bien latéralisé (repérage de la gauche et de la droite). Ne pas hésiter à jouer à des jeux favorisant cet apprentissage. Entre 4 et 5 ans, la reconnaissance des lettres, de certains mots, l’écriture de son prénom… peuvent également devenir un jeu avec l’enfant. Enfin, en grande section de maternelle ou pendant l’été qui précède la rentrée en CP, il peut être utile d’apprendre à son enfant quelques bases de lecture syllabique pour lui assurer de bon repères. Attention, cet apprentissage doit rester très ludique (trouver des moments où l’enfant est volontaire et participatif) et très limité dans la durée (10 minutes par jour est un bon rythme) pour ne pas dégoûter l’enfant. Il ne s’agit pas d’apprendre à lire à l’enfant à la place de l’école mais bien de lui donner quelques repères qui l’aideront lors du démarrage de l’apprentissage scolaire. Lors de l’entrée en CP, il est fondamental de rencontrer l’enseignant et de comprendre non seulement la méthode utilisée mais la pédagogie employée. Plus les parents comprennent ce que fait leur enfant et s’y intéressent et plus celui-ci a des chances de réussir. Essayer ensuite dans la mesure du possible de faire des moments de « travail » du soir des moments de plaisir et non pas de corvée. Donner autant que possible à l’enfant la capacité d’utiliser ses compétences en lecture en lisant des petits livres adaptés à son niveau. Un petit conseil très utile pour que la lecture n’apparaisse pas comme une montagne infranchissable : faire un tableau sur une page avec la centaine de combinaison de syllabes existantes (ba,be,ca,ce,da,de,…). Cocher chaque jour ou chaque semaine les cases correspondant à ce que l’enfant sait lire. Expliquer à l’enfant que lorsque toutes les cases seront cochées, il saura lire complètement. Il visualisera ainsi ses progrès (on arrive très vite à un tableau coché à 50%). Marie-Laure des Brosses, du MMMF |