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  Les mères qui travaillent sont elles coupables 
de Sylviane Giampino 

 


Les chiffres 

2,5 millions de femmes au foyer
dont
500 000 bénéficiaires de l'allocation parentale d'éducation au 31 dec 99 (source : source CNAF).

85% de femmes actives en France en 1999 (Insee) , et 97% à Paris, 
contre 79% en 1990

Chômage : 13,5% de femmes , et 9,8% d'hommes.

Temps partiel : (enquête Insee 1998) concerne 31,6% des femmes , et 5,7% des hommes.

Enquête sur les effets de la réduction du temps de travail (ministère de l'emploi Mai 2001)
75% des femmes cadres estiment que leur vie s'est améliorée (vie professionnelle et personnelle), alors que seulement 40% des ouvrières et des employées font ce même constat.

 

Vie  familiale et vie profesionnelle : un numéro d'équilibriste
 
-
Le point de vue de Nathalie Debray,
directrice d'une agence conseil en communication
- Le point de vue de Béatrice Majnoni d'Intignano, professeur d'économie
- le point de vue de Nathalie G
 

Le point de vue de Nathalie Debray, mère de 4 enfants et directrice d'une agence conseil en communication : " Créer les conditions d'un libre choix. "

(une partie de ces propos a été publiée dans le magazine Valeurs Actuelles, mars 2002) -

- Le travail des femmes n'est pas l'incontournable facteur de " l'épanouissement personnel ". D'abord, il y en a d'autres, et la maternité n'en est pas le moindre. Ensuite, la libération de la femme a été troquée contre son aliénation par le travail: horaires fous des cadres, compétition et pression économique, " double vie "…
C'est essentiellement la logique économique et d'indépendance financière qui incite la majorité des femmes à travailler. Aujourd'hui, ne pas travailler renforce le lien de dépendance au mari. Le travail émancipateur de la femme devient un piège car il prend le pas sur le reste.

- Il faut donc aborder la deuxième étape de la libération de la femme : créer véritablement les conditions d'un libre choix , celui de s'accomplir sans sacrifices, de travailler et d'élever ses enfants sans frustrations ni culpabilité. C'est-à-dire diminuer le temps de travail des femmes et revaloriser leur rôle maternel. Plus efficaces, incontestablement plus concernées par le rapport temps / efficacité, les mères qui travaillent peuvent travailler moins que les hommes … et être aussi rentables pour l'entreprise ! C'est une question d'organisation, de rapidité et de gestion des priorités. Dans mon agence, comme dans beaucoup d'entreprises du secteur, le temps partiel est répandu, et certaines prennent la moitié des vacances scolaires … ça se gère très bien, car on est dans une logique de confiance et de résultats. Il faut pousser cette logique le plus possible, tout en reconnaissant que ce n'est pas si facile et que nos collègues masculins ne voient pas forcément pourquoi il y aurait " inégalité de traitement ". L'aménagement généralisé du temps de travail va donc dans le bon sens.

- Revaloriser la maternité, c'est aussi valoriser la femme " au foyer " et en finir avec la déconsidération dont elle est souvent victime. Il y a un " terrorisme " de la femme politiquement correcte sur la femme au foyer. Il est temps de lui assurer une certaine indépendance financière : l'essentiel des aides pour les gardes d'enfants sont attribuées à celles qui travaillent, les crèches leur sont réservées en priorité…

- La fin du clivage (réel) des femmes par le travail est la prochaine étape de la libération de la femme. Car s'il y a bien une communauté homogène, qui se retrouve dans des valeurs communes, dont le courage, ce sont les femmes ! (et je le constate tous les jours dans mon boulot : entre clientes, prestataires, partenaires, collaboratrices, on en arrive toujours tout naturellement à échanger et à se comprendre parce qu'on a les mêmes vies. Les rapports sont tout de suite plus directs , plus efficaces, et on ne cloisonne pas nos vies personnelles et professionnelles. C'est une question de rythmes !)

 

Le point de vue de Béatrice Majnoni d'Intignano, professeur d'économie à Paris XII et auteur de plusieurs ouvrages, Le Figaro Madame, 02/02/02 " Il faut faciliter la vie des femmes qui travaillent. "

" - Le souci des nouvelles générations, c'est l'organisation du temps, celui consacré au travail et celui consacré à la famille. (…) Les femmes n'ont rien lâché de leur rôle à l'intérieur de la cellule familiale. C'est toujours sur elles que repose l'organisation des rapports entre les générations. Elles s'occupent des enfants comme de leurs vieux parents.

- Si le soupçon du chômage ne pèse plus sur elles, nous n'avons pas encore réellement pris conscience de la richesse apportée par les femmes à la machine économique. Les pays où les femmes travaillent sont ceux qui connaissent la plus forte croissance. Les femmes qualifiées créent de la valeur ajoutée, et aussi des emplois induits liés à la garde des enfants et aux emplois familiaux. Les couples à deux salaires consomment aussi davantage. (…) Quand les femmes veulent absolument travailler, elles n'ont plus d'enfants.

- Quand on parle du déficit de croissance, on omet de dire qu'il vient en partie du déficit de main-d'œuvre qualifiée. Nous n'aurions pas ce déficit de si nous avions su exploiter le vivier des femmes. Il faut que nos gouvernants et les dirigeants d'entreprises admettent l'idée fondamentale que les femmes auront les enfants que la société leur permettra d'avoir. (…) Il faut faciliter la vie des femmes qui travaillent. Leur permettre de mettre leurs enfants à la crèche ou de les faire garder, de prendre des congés longs, de travailler à temps partiel. Les crèches d'entreprise restent dans les limbes. Rien n'a été fait pour les familles à l'occasion de la réduction du temps de travail. Quelle belle occasion manquée ! "

Le point de vue de Nathalie G , 21/05/04  il manque des possibilités de temps aménagé

Je souhaite également aporter mon petit témoignage dans le domaine du travail des femmes :
Pour avoir travaillé à plein temps (un vrai, dans la publicité !), puis à mi-temps et maintenant plus du tout, je vous confirme que mon plein épanouissement, et de fait celui de ma famille, a été constaté lors de mon temps partiel.
Hélas aujourd'hui, je suis à la maison par défaut, ce qui n'est pas très bien vécu, car je n'ose affronter un recrutement à cause du manque de possibilités de temps aménagés. Voilà pour moi.