| Un congé parental plus court et mieux
payé : Oui, MAIS… Extrait d'un courrier adressé par le MMMF au premier ministre,
Monsieur de Villepin
Pour de multiples raisons ( implication d’un certain nombre de pères,
rupture moins longue avec le monde du travail,…), le gouvernement
réfléchit à la possibilité d’offrir en option un congé parental plus
court et mieux rémunéré.
Le Mouvement Mondial des Mères est plutôt favorable à cette nouvelle
possibilité offerte aux parents mais à condition qu’il y ait un
véritable accompagnement de la reprise du travail. En particulier, il
serait souhaitable de travailler sur les points suivants :
1. Un mode de garde assuré lors du retour à l’emploi :
Le modèle de congé parental suédois, dont entend s’inspirer le
gouvernement, fonctionne particulièrement bien car les parents ont
l’assurance de trouver une place en crèche lorsqu’ils reprennent leur
travail. En France, les parents n’ont aucune garantie d’avoir une place
en crèche ou chez l’assistante maternelle ( mode de garde le plus
répandu ). Il serait bon d’imaginer un système de « réservation » d’un
mode de garde dès le début du congé parental. On pourrait même imaginer
une certaine souplesse dans la date d’expiration de ce congé ( un peu
plus tôt ou un peu plus tard ) afin d’ajuste la demande aux
disponibilités existantes chez l’assistante maternelle ou en crèche.
2. Une possibilité de temps partiel lors du retour à l’emploi :
En Suède, une grande partie des parents qui reprennent un travail aux 18
mois de l’enfant, optent pour un temps partiel
durant quelques mois ou années, cette possibilité étant prévu par la
loi.
Au Mouvement Mondial des Mères, nous rencontrons de nombreux parents en
congé parental qui reprendraient volontiers le
chemin de l’entreprise à condition d’ y trouver des horaires plus
conciliables avec leurs charges de famille. Cette souplesse
d’horaires nous apparaît d’autant plus nécessaire que le gouvernement
entend, dans un premier temps, offrir cette nouvelle
possibilité de congé parental lors de l’arrivée du 3ème enfant. Or
l’expérience montre qu’avec 3 enfants à charge, la
souplesse d’organisation pour concilier vie professionnelle et vie
familiale est indispensable.
Ainsi, de même que le congé parental actuel permet à tout salarié
d’opter pour un temps partiel, il est souhaitable que ce
nouveau congé parental soit assorti d’un droit au temps partiel lors du
retour à l’emploi.
3. Une variante à temps partiel :
Il pourrait d’ailleurs être intéressant de décliner ce nouveau congé
parental selon 2 options : x% du salaire pour les salariés choisissant
un congé parental à plein temps ou x% de la différence entre salaire
plein temps et salaire partiel pour le salarié prenant un congé parental
à temps partiel et conservant son emploi à temps partiel.
4. Une formule qui doit rester une option :
Si la formule du nouveau congé parental nous paraît intéressante et
susceptible de faciliter le retour à l’emploi, elle doit pour autant
absolument rester un libre choix des parents. Les parents qui décident
de s’arrêter de travailler jusqu’aux 3 ans de leur enfant pour s’en
occuper ont en effet de multiples motivations. Il paraîtrait tout à fait
inopportun de supprimer cette possibilité lors de l’instauration du
nouveau congé parental. Nous en voulons pour preuve le nombre d’e-mail
angoissés que nous avons reçus lorsque ce projet a été annoncé ( les
parents n’ayant pas compris qu’il s’agirait d’une option ).
C’est la qualité du dispositif proposé ( durée, rémunération, mode de
garde prévu, temps partiel possible ) qui incitera de fait
les parents à choisir cette nouvelle option et en particulier les pères.
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