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Lexique pour comprendre
Bioéthique :
Ensemble
des préceptes moraux qui doivent présider à la recherche
biologique et médicale et s'appliquant à l'être humain
Embryon :"L'embryon humain s'étend de la conception jusqu'à la 8ème
semaine. Par la suite, l'embryon devient fœtus.De la
fécondation au 2ème jour, c'est l'étape de segmentation, durant laquelle
on assiste à une division cellulaire. Les cellules (blastocytes)
jusqu'au 7ème jour, sont pluripotentes, c'est à dire qu'elles peuvent
seules s'individualiser en tous les tissus.
L'embryon s'implante ensuite dans l'utérus. C'est l'étape de nidation.
Au 14ème jour, l'individuation de l'embryon est
terminée, c'est à dire qu'il n'y a plus de possibilités de constitution
de jumeaux ou de chimères. Le 14ème jour est aussi le début d'apparition de la plaque
neurale." (inserm
l'embryon humain)
Les embryons conçus en laboratoire par les techniques
d’assistance médicale à la procréation (AMP ou PMA) ne sont pas tous transférés
dans le ventre de la future mère.
En général, trois embryons au maximum
sont transférés afin de limiter les risques de grossesses multiples. Ceux qui restent sont congelés en vue d'un transfert ultérieur. Ce sont
les embryons "surnuméraires". La possibilité de détruire ces embryons
surnuméraires non utilisés ou de les utiliser comme objets
d’expérimentation lorsqu’ils ne font plus partie d’un projet parental
sont des questions controversées au cœur des débats
bioéthiques . Le statut de l'embryon est également en jeu
lors des discussions sur le délai légal de l'IVG (interruption
volontaire de grossesse).
biolexique
de la cité des Sciences
Foetus :
A partir du 3eme mois de grossesse l'embryon prend le nom de
foetus jusqu'à l'accouchement.
PMA :
procréation médicalement asssistée .
Pour en savoir plus
sur ces méthodes
FIV : Fécondation In Vitro.
La fécondation est ici réalisée dans un tube, d'où l'expression "in
vitro".
FIVETE : Fécondation In
Vitro et transfert d'embryon. Méthode de procréation médicalement
assisitée destinée aux femmes chez lesquelles la fécondation de l'ovule
par le spermatozoïde est impossible . Après 3
jours in vitro plusieurs (3 en moyenne) sont implantés dans
l'utérus maternel pour augmenter les chances de réussite.
DPI : DIAGNOSTIC PRE-IMPLANTATOIRE
"Le diagnostic pré-implantatoire permet de vérifier si un
embryon est atteint d'une maladie génétique avant même son implantation
dans l'utérus, lors d'une procédure de fécondation in-vitro (FIV). En
effet, il est maintenant possible de prélever une cellule d'un embryon
au stade où il doit être implanté (il est alors composé de 8 à 16
cellules seulement), sans l'abîmer ni remettre en cause l'intégrité de
son développement ultérieur. Dans la plupart des maladies génétiques
pour lesquelles on a identifié le gène responsable de la maladie, on
peut alors pratiquer une recherche de l'état de ce gène sur les
chromosomes de cette unique cellule.
Cette technique est au point depuis assez peu de
temps (et comporte une marge d'erreur). Elle est pratiquée dans certains
pays, comme la Belgique ou la Grande-Bretagne depuis plus longtemps
qu'en France. En effet, en France, son utilisation est prévue dans des
contextes bien précis décrits par la loi no 94-645 du 29/07/94, et le
décret d'application de cette loi est paru au Journal Officiel du 27
mars 1998 (Extrait du
texte).
Le débat sur l'utilisation de cette méthode a été
très passionné. En effet, le recours à la fécondation in-vitro et au
D.P.I., uniquement dans le but de trier des embryons, peut être
considéré comme une démarche proche de l'eugénisme. Certains pensent que
la "facilité" de cette méthode permettrait de la généraliser à d'autres
critères de tri (et donc d'élimination des naissances) que des critères
liés à la recherche d'une maladie génétique aussi grave qu'une
myopathie. Il ne s'agirait plus d'évaluer la viabilité d'un embryon, ni
d'une certaine façon son confort de vie à venir, mais de l'éliminer en
fonction de son sexe, de la couleur de ses yeux, ou de n'importe quelle
expression de son patrimoine génétique. "
(source : Myonet -
myonet -
éléments scientifiques sur la génétique)
LE DIAGNOSTIC ANTENATAL :
Les avancées récentes de la recherche et des techniques de génétique
moléculaire permettent maintenant de proposer un conseil génétique aux
familles touchées. (...)
Le diagnostic anténatal est obtenu à partir de
prélèvements de tissus qui enveloppent le foetus. Ces tissus possèdent
le même patrimoine génétique que l'embryon. Il est possible d'effectuer
des prélèvements : des villosités choriales (choriocentèse), du liquide
amniotique (amniocentèse) ou du sang foetal.
La choriocentèse se pratique très tôt, avant la
douzième semaine de grossesse, avant même l’amniocentèse (16 semaines).
Elle consiste en un prélèvement de cellules chorioniques, qui
constituent l’enveloppe placentaire de l’embryon. Ce prélèvement se
pratique au niveau du col de l’utérus. A partir de l'étude de ces
cellules, il est possible de déterminer si les gènes incriminés dans la
maladie présentent une altération, auquel cas l’enfant est atteint.
En fonction du résultat des tests, les parents ont la
possibilité de choisir si la grossesse sera poursuivie ou non. Ce choix
appartient aux parents, comme celui de pratiquer ou non le test. Il faut
savoir que le risque de fausse couche lié à la choriocentèse n’est pas
négligeable (de l’ordre de 1/100 environ), et que même si les médecins
peuvent orienter vers une interruption de grossesse en cas de résultat
positif, cela n’a rien d'obligatoire. (source : Myonet -
myonet -éléments scientifiques sur la génétique )
Clonage thérapeutique humain :
les cellules souches et la thérapie cellulaire
Le clonage thérapeutique
est une technique qui vise à créer à partir de cellules pluri- ou
totipotentes (cellules souches) des organes ou des tissus humains à des
fins thérapeutiques.
Cellule souche :
Cellule qui, par divisions successives, est
capable de donner naissance à différents types de cellules spécialisées.
Les
cellules souches sont des cellules capables, par divisions
successives, de produire des cellules spécialisées dans des registres
différents : les cellules souches du sang, par exemple, donnent aussi
bien des globules rouges que des globules blancs. De sa conception à sa
mort, l'organisme humain contient des cellules souches mais chez
l'adulte leurs capacités de différenciation sont réduites.
L'utilisation des cellules souches à des fins thérapeutiques ouvre la
voie à la
thérapie cellulaire.(biolexique de la cité des sciences)
Ces cellules souches peuvent être obtenues :
A partir
d’embryons surnuméraires
actuellement congelés et stockés, ayant fait
l’objet d’un abandon de projet parental et dépourvus de couples
d’accueil ;
A partir de cellules souches obtenues à partir du sang du cordon
ombilical
Par transfert
de cellules somatiques. Cette dernière technique, également appelée
"clonage thérapeutique" est la même que celle appliquée à la création
de Dolly. " (doctissimo)
Dans ce cas, on
commence par fabriquer un embryon cloné, exactement de la même façon
que dans le clonage reproductif. Une fois la fusion du noyau de la
cellule somatique et de l'ovocyte réalisé, on laisse l'embryon se
développer en éprouvette jusqu'à l'âge de 8 jours environ. A ce moment
là, on prélève la masse cellulaire interne de cet embryon, ce qui a
pour résultat sa destruction. Les cellules
ainsi prélevées sont mises
en culture afin d'obtenir des cellles souches embryonnaires. Ces
cellules souches sont totipotentes, c'est à dire qu'elles peuvent se
différencier en cellules de nombreux tissus. A partir de ces cellules
souches embryonnaires, on peut donc fabriquer des cellules du foie, du
coeur, de la peau, qui auront le même patrimoine génétique que le
donneur de cellules somatiques.
A quoi ça sert ?
Le but de cette technique est de disposer de cellules somatiques
(du foie, du coeur, etc...) ayant le même patrimone génétique que le
donneur. Ainsi, si le donneur souffre d'une pathologie grave, on
pourrait remplacer ces cellules malades par des cellules clonées sans
qu'il y ait rejet de cette greffe. En effet, bien souvent, l'un des
problèmes majeurs des greffes est la possibilité de rejet qui survient
en cas d'incompatibilité des systèmes d'histocompatibilité majeurs.
Puisque dans ce cas, le patrimoine génétique du donneur et du receveur
sont identiques, ce rejet ne survient pas.
Y a -t-il d'autres alternatives ?
Oui. Il existe d'autres techniques liées à l'utilisation de
cellules souches adultes. Dans ce dernier cas, on prélève des cellules
sur un sujet humain (adulte ou embryon) et on "duplique" uniquement le
type de cellule prélevé. Par exemple, on prélève des cellules souches
nerveuses et, à partir de là, on génère d'autres neurones qu'on pourra
transplanter en cas de maladie neurodégénérative (maladies
caractérisées par une perte de neurones dans le cerveau comme la
maladie de Parkinson ou la maladie d'Alzheimer). Dans ce cas, on
fabrique des cellules de la peau à partir d'une cellule de la peau,
sans passer par la fabrication d'un embryon. (source : ""qu'est-ce
que le clonage"")
A partir de cellules souches présentes chez l’adulte
Thérapie cellulaire
La thérapie cellulaire ou médecine régénératrice consiste à greffer des
cellules souches pour régénérer un tissu ou un organe endommagé.
"Les thérapies cellulaires sont l’objet d’immenses espoirs. Les tissus
cultivés pourraient réparer la peau en cas de brûlure, les neurones pour
les maladies neurodégénératives, les cellules cardiaques pour les
infarctus… Mais l’origine de ces cellules souches (embryons
surnuméraires, clonage thérapeutique) sont l’objet d’un vif débat
éthique. La recherche se fait périodiquement l’écho d’une alternative à
ces cellules embryonnaires : des cellules souches adultes."(doctissimo)
A
propos des cellules souches
Les cellules
souches sont des cellules qui ont la capacité de fabriquer un grand
nombre de cellules différentes. Par exemple, certaines cellules
nerveuses peuvent générer des neurones, ou se transformer en cellules
musculaires.
Les cellules souches se trouvent
Chez l'adulte : dans le cordon ombilical,
dans la moelle osseuse, dans le tissu nerveux. Elles sont peu nombreuses
et difficiles à isoler.
Chez l'embryon : leur obtention
est plus simple (que
chez l'adulte) mais nécessite la destruction de l'embryon, ce qui pose
un problème d'éthique. En fonction du stade de son évolution, les
cellules souches n'auront pas les mêmes caractéristiques :
| -
Cellules totipotentes : |
elles
peuvent engendrer un organisme entier, y compris le placenta.
On les trouve jusqu'au stade " 8 cellules " de
l'embryon (deux jours). Elles n'existent
pas chez l'adulte. |
| -
Cellules pluripotentes : |
elles
peuvent donner toutes les différenciations cellulaires
issues des
trois feuillets embryonnaires (endoderme(*), mésoderme(*),
ectoderme(*) ), mais pas le placenta. Ce sont les
cellules du bouton embryonnaire du stade " blastocyste
" de l'embryon (entre cinq et dix jours). On en trouve
aussi chez l'adulte.
(*)-
les
cellules de l'endoderme
sont à l'origine des cellules
:
pulmonaires, thyroïdiennes et pancréatiques,...
- les
cellules du mésoderme
sont à l'origine des cellules:
musculaires (intestinales,
squelettiques, cardiaques), globules rouges, et tubulaires du rein ...
-les
cellules de l'ectoderme
sont à l'origine des cellules:
pigmentaires, nerveuses et épidermiques,
...
|
| -
Cellules multipotentes : |
elles
peuvent donner les différents types de cellules issus d'un
seul feuillet embryonnaire. A partir de dix jours de développement
de l'embryon, après son implantation dans l'utérus. |
| -
Cellules unipotentes : |
elles
ne se différencient qu'en un seul type cellulaire .
|
Les
cellules pluripotentes cultivées " in vitro " peuvent se
multiplier au moins pendant cent générations en présence de facteurs
de croissance spécifiques. Elles peuvent se différencier en différents
tissus.
Les cellules dérivées de cellules souches adultes (difficiles à
obtenir) ne développent aucunes tumeurs, alors que les cellules souches
embryonnaires sont souvent tumorigènes.
Catherine Giner , diplomée de bioethique
Lois de Bioéthique en France
le 6 août 2004 La loi a été promulguée , elle a été publiée au
Journal officiel du 7 août 2004.
De quoi s'agit-il ?
Les principales innovations de la loi concernent :
- la création d'une nouvelle incrimination de "crime contre l'espèce
humaine" pour réprimer tout clonage reproductif (duplication d'un
être humain à l'identique) ;
- l'interdiction du clonage thérapeutique (utilisation du clonage de
cellules dans un but thérapeutique) ;
- l'autorisation à titre dérogatoire pendant cinq ans de recherches
sur l'embryon lorsqu'elles sont "susceptibles de permettre des
progrès thérapeutiques" ;
- la nécessité de 2 ans de vie commune pour l'accès d'un couple à
l'assistance médicale à la procréation ;
- la création d'une agence de la biomédecine ;
- l'élargissement des dons d'organes en vue de greffe à la famille
élargie du receveur et à la personne vivant avec le receveur depuis
2 ans au moins.
(source :
http://www.vie-publique.fr/actualite/panorama/panorama_bioethique.htm)
Fin janvier 2003, lors de la révision des lois
de bioéthique, le Sénat a interdit le clonage reproductif qualifié de
''crime contre l'espèce humaine''et le clonage
thérapeutique. Selon le ministre de la santé Jean-François Mattéi,
''le clonage thérapeutique constitue la porte ouverte au clonage
reproductif''. Les sénateurs ont donc suivi le vote des députés qui
n'avaient pas autorisé le clonage thérapeutique en première lecture du
texte à l'Assemblée nationale en janvier 2002. (...)
Néanmoins, l'Assemblée nationale en 2002 puis le Sénat en 2003
autorisent la recherche sur les embryons surnuméraires issus de la
fécondation in vitro et ne faisant plus l'objet d'un projet
parental, dans le seul but d'isoler des
cellules souches susceptibles
de donner naissance aux différents tissus qui constituent l'organisme.
Cette autorisation arrive après une décision de justice validant
l'importation des cellules souches embryonnaires, autorisant par la même
les biologistes français à mener des recherches sur ces cellules...
(source : cité des sciences -
biomagazine)
Bioéthique : quels sont les enjeux de la recherche sur l'embryon ?
"L'embryologie permet
de mieux connaître les différentes étapes du développement humain,
depuis la conception jusqu'à la fin de la gestation. Ce champ de
recherches a par ailleurs conduit à la mise au point des techniques de
l'assistance médicale à la procréation.
Embryologie et nouvelles techniques de procréation
L'embryologie
trouve ainsi son prolongement dans des applications utiles au traitement
de l'infertilité ou à la prévention de maladies génétiques, mais qui
soulèvent par ailleurs des interrogations éthiques. En effet, ces
applications peuvent heurter des traditions culturelles et des
convictions religieuses. Le questionnement éthique porte tant sur la
légitimité que sur les modalités éventuelles des recherches. Les
réponses sont très contrastées d'une communauté à l'autre, d'un pays à
l'autre. Quoi qu'il en soit, les positions exprimées se fondent sur
l'idée de protection de la dignité de la personne humaine et de
préservation de sa spécificité et de sa singularité.
Il ne faudrait pas
pour autant que les services offerts par ces nouvelles technologies de
la procréation soient détournés de leur objectif thérapeutique et
servent à des fins de sélection eugénique. Or, certains tests prénataux
- comme l'amniocentèse préconisée notamment pour déceler des affections
comme les trisomies - sont utilisés, quelquefois ouvertement, pour
déterminer le sexe du fœtus en vue d'éliminer les fœtus de sexe féminin,
en raison de la préférence, dans certains pays, pour les enfants mâles.Plus que tout
autre discipline, l'embryologie laisse entrevoir des perspectives de
dérives eugéniques. Elle invite donc à prendre parti sur des pratiques
auxquelles elle conduit et à fixer les limites de l'infranchissable.
Comment concilier liberté individuelle, protection de la famille et
droits de l'enfant ?
Dans ce domaine,
le législateur ne doit-il pas se laisser guider par les droits de
l'enfant qu'il faut protéger ? L'intérêt de l'enfant ne doit-il pas
primer la volonté ou l'intérêt de la famille ? L'enfant est par
définition un être vulnérable, fragile, dont la santé physique et
mentale et l'épanouissement de la personnalité dépendent du rôle
responsable des adultes et de la société tout entière. Le désir d'enfant
légitime-t-il toutes les pratiques ? Pourquoi rechercher à tout prix la
parenté génétique ? Comment, en bref, trouver un équilibre entre les
droits de l'enfant, les droits de la famille, la liberté de la femme, en
évitant que le désir d'avoir un enfant soit celui de l'enfant-objet ? "
extrait d'une Conférence-débat sur " Les enjeux de la
bioéthique"
(UNESCO,
Paris, 15 mai 2002)
Clonage thérapeutique et recherche sur
l'embryon :
questions-réponses (sciences-génération)
Transgression
et progrès
Nos repères abolis, nous repoussons encore et toujours les limites de l'interdit. En conséquence, la société d'aujourd'hui charrie des paradoxes qui nous invitent au questionnement éthique.
Conscients des réelles difficultés psychologiques que vivent certains enfants adoptés en quête de leur identité biologique, nous essayons actuellement de faciliter l'accès à leurs origines aux enfants nés sous x. Pourtant, dans le cadre de la procréation médicalement assistée, il est permis de fabriquer des enfants avec des ovules ou du sperme provenant de dons anonymes (enfants de père ou de mère biologiques inconnus). Or nous savons pertinemment que ces enfants seront confrontés au même problème de filiation. La société se doit-elle de fabriquer un enfant pour faire plaisir à qui le demande? L'enfant ne devient-il pas alors un produit ? Que fait-on de son intérêt ?
La démarche est radicalement différente pour l'enfant né sous x puisqu'il existe déjà . C'est pour son bien que la société se doit de lui trouver une famille d'adoption. C'est dans le but de le rendre heureux que les parents reçoivent cet enfant, la satisfaction de leur projet parental n'en est que la conséquence.
Suite à l'abolition de nos repères, nos limites, choisies arbitrairement, ne s'appuient plus sur des réalités biologiques. Devenues fictives, elles sont déplaçables à volonté à la façon d'un curseur. Dans notre société condamnant pourtant l'eugénisme, il est permis de supprimer un fœtus anormal jusqu'au dernier jour de la grossesse. En revanche, passé le délai de douze semaines de développement, supprimer un fœtus normal est considéré comme un crime. En cas de malformation, c'est la naissance qui marque la limite de l'interruption de la grossesse. En cas de fœtus sain, la limite est douze semaines. Cela est-il cohérent ? Rappelons que ce délai de douze semaines aujourd'hui, est resté plus de vingt-cinq ans fixé à dix semaines. Or, il ne s'est rien passé de nouveau dans la vie de l'embryon qui puisse justifier un tel déplacement de cette limite. Dans une société où l'homme a le choix de le garder ou non, il n'est plus acceptable, pour qui le refuse, de mettre au monde un enfant handicapé. Pourtant, la femme dont le fœtus mal formé n'a pas été détecté, met au monde un enfant handicapé. A ce stade, elle n'a plus le choix. Peut-elle ne pas se sentir victime d'injustice ? Ne pas en vouloir au médecin qui n'a rien vu ? Alors que par sa faute, elle n'a pas eu le choix qu'ont eu les autres, et qu'elle aurait dû avoir.
Il semble que la loi Veil de 1975 admettait tolérer le mal pour éviter
le pire : les avortements clandestins, à cause desquels de très
nombreuses femmes ont perdu la vie. Le " toléré en cas de détresse " est
rapidement devenu " permis ", puis " socialement acquis ", et enfin "
fortement conseillé " en cas de handicap. La loi est appliquée dans un
autre contexte que celui dans lequel elle a été votée. Pour la
respecter, la cour de cassation refuse de condamner pour homicide
involontaire les individus qui provoquent la mort d'un fœtus pas encore
né (par accident de la route ou autres). (...)
Toute limite transgressée devient un acquis social, considéré comme un progrès. Il ne fait plus alors l'objet d'une quelconque réflexion, d'une quelconque remise en question. Que trouvera-t-on au bout de ce progrès-là ?
Catherine
Giner , diplomée de bioethique
Le don d'ovules et la filiation maternelle
Si personne, depuis la nuit des temps et jusqu'à l'arrivée des tests ADN, ne pouvait être certain de sa filiation paternelle, chacun,
jusqu'à l'autorisation du don d'ovules pouvait savoir avec certitude qui était sa mère
: celle qui l'avait porté et donc mis au monde.
En effet, la mère remplissait alors les deux conditions si né qua non :
- elle avait porté l'enfant, donc avait accouché
- l'ovule fécondé (à l'origine de l'enfant) était le sien de façon certaine.
A l'heure actuelle, le don d'ovules permet de dissocier ces deux fonctions biologiques de la mère. La femme qui a fourni son ovule et celle qui a porté l'enfant peuvent ne plus être la même.
Le statut de mère est alors passé d'une réalité objective biologique, basée sur la simple observation, à un choix subjectif : on a dû choisir et décider :
qui est la mère ?
En France, la mère est la femme qui a accouché. Pourquoi a-t-elle priorité en tant que mère sur celle qui a fourni l'ovule et qui a de ce fait transmis son matériel génétique à l'enfant ?
Parce qu'en France, on a choisi de permettre le don d'ovules et d'interdire le prêt
d'utérus. Dans cette logique, le statut de mère revient à la femme qui a un " projet parental ", celle qui a porté l'enfant. A l'inverse, si l'on avait autorisé le prêt d'utérus et interdit le don d'ovules, la mère prioritaire choisie aurait très certainement été la propriétaire de l'ovule (puisque dans ce cas, c'est elle qui aurait formé un projet parental).
En faisant croire aux personnes concernées (qui ne demandent pas mieux) qu'elles sont parents à part entière, on jette le flou, on aide à créer la confusion.
Les parents ne disent pas (ou rarement) la vérité à leur enfant au sujet de ses origines biologiques (comment leur en vouloir ?).
Peut-être y aura-t-il dans quelques générations, au sein de ces familles que l'on aura confortées dans le mensonge, des conséquences désastreuses de ces " secrets de famille " que la société aura contribué à faire exister.
Peut-on tolérer pour d'autres (les enfants à naître) ce que l'on n'aurait pas aimé pour soi ?
Catherine Giner , diplomée de bioethique
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